Marcher dans les décors de Kaamelott : l’Auvergne volcanique au cinéma
Au quatrième jour du GR30, la montée vers le lac Chambon réserve une apparition. Sur son piton de basalte noir, le château de Murol surgit au-dessus des estives, remparts dentelés contre le ciel d’Auvergne. Beaucoup de randonneurs s’arrêtent là pour la photo. Peu savent qu’ils viennent d’entrer dans un décor de cinéma : c’est dans cette forteresse du XIIe siècle qu’Alexandre Astier a tourné une partie de Kaamelott – Premier Volet en 2021.

Pourquoi les volcans d’Auvergne finissent à l’écran
Le Massif Central a une matière que les studios ne savent pas fabriquer. Les coulées de lave refroidies ont laissé des orgues de basalte, des pitons abrupts, des roches sombres comme la Tuilière et la Sanadoire qui semblent taillées pour l’heroic fantasy. Ajoutez la lumière rasante des hauts plateaux, les brumes qui montent des lacs de cratère et les forteresses médiévales bâties dans la pierre volcanique : le décor est prêt, sans un clou à planter.
Le cinéma l’a compris depuis longtemps. À une heure de route de Murol, le château de Ravel a servi de pensionnat du Fond de l’Étang aux Choristes de Christophe Barratier ; plus au sud, les gorges de la Truyère et le château d’Alleuze, silhouette isolée au milieu du Cantal, ont nourri le cinéma populaire des années De Funès. Ici, l’Auvergne ne joue pas un rôle de composition : ses paysages passent à l’image tels quels.
Kaamelott, du piton basaltique au phénomène culte
Pour Murol, Astier ne cherchait pas un joli fond mais une vraie forteresse, brute, plantée dans un paysage minéral. Le château, l’un des mieux conservés d’Auvergne, lui a prêté ses remparts, sa cour et sa masse sombre contre l’horizon. À l’écran, le résultat sonne juste précisément parce que rien n’est en carton-pâte.
Kaamelott, de son côté, a largement débordé du film. Né à la télévision en format court, devenu saga de cinéma, prolongé en bande dessinée et scruté par une communauté de fans qui décortique chaque réplique, c’est un objet de culture populaire à part entière – le genre d’univers que des médias spécialisés comme Geek Planet suivent de près. Se retrouver au pied du décor réel, une gourde à la main plutôt qu’une épée, a quelque chose d’un peu vertigineux.
Le GR30 passe au pied de la forteresse lors de la quatrième étape, de Saint-Nectaire à Besse. Le meilleur moment pour la voir : en fin de journée, quand le soleil bascule derrière le Sancy et allume les remparts d’une lumière que même le cinéma peine à cadrer.